Préface pour le livre de Christel Seval "
Contact et Impact "
C’est la première fois que j’accepte
de préfacer un livre qui traite du thème ovni.
Si je le fais c’est parce que ce qu’écrit
Christel Seval sort de l’ordinaire. En lisant d’autres
ouvrages traitant de ce sujet je leur ai toujours trouvé
un caractère descriptif, comme s’ils restaient
à la surface des choses, comme si les auteurs eux-mêmes
étaient aussi frappés, après les médias,
de superficialité. En fait le sujet ovni nous renvoie
sans cesse à nous-mêmes, à notre devenir.
Qui ne fait pas ce lien est un complet inconscient. Notre humanité
vit les heures les plus graves de son histoire. Depuis 1945
l’homme a engendré des armes capables de le détruire.
Un demi-siècle s’est écoulé. L’apparition
d’armes biotechnologiques et de mind control a complété
cette panoplie déjà impressionnante. L’avertissement
du Président Einsenhower lors de son discours d’adieu
n’a pas été entendu. Le lobby militaro-économique
est comme un fauve lâché, sans contrôle.
L’histoire, sur tous les continents, devient folle, avec
différentes espèces de folies qui se déploient.
La Nature elle-même semble participer au dérèglement
planétaire général. On ne discerne plus
quels mécanismes régulateurs pourraient amener
les hommes vers un nouvel équilibre. Sur cette toile
de fond la ronde des ovnis continue. L’aspect le plus
fantastique est qu’en 30 ans, rien n’a bougé,
strictement rien, du moins en France. Aux Etats-Unis c’est
une autre paire de manches. Dans l’hexagone, après
trois décennies d’existence le bilan du service
créé par le Cnes est strictement nul. «
Derrière, il n’y a rien ». Il n’y a
pas de MHD militaire secrète. Les archives du Sepra ne
contiennent rien d’autre que des rapports de gendarmes.
Michel Bounias est mort pour rien. Ses travaux de 1981, sur
les traces biologique laissées sur les luzernes, suite
à un atterrissage d'ovni à Trans en Provence n’ont
fait l'objet d'aucune suite. Aucun gendarme n’a capturé
de spectre d’ovni grâce aux bonnettes imaginée
par Claude Poher, dont leurs appareils photographiques avaient
été équipés dès 1979 et dont
le maniement a dû être oublié depuis longtemps.
Mais comme le disait Hubert Curien peu de temps avant sa mort
« la grande vague d’intérêt pour les
ovnis est passée ».
Dans toutes les structures françaises
il y a deux pour cent de gens « qui pensent que, quand
même, on devrait faire un petit quelque chose vis-à-vis
de ce dossier ovni ». C’est de ces deux pour cent
qu’a émergé en 1999 le rapport Cometa, cité
par Seval dans son ouvrage. Quatre-vingts pour cent s’en
fichent éperdument et les dix-huit pour cent qui restent
sont farouchement déterminés à ce que rien
ne bouge. La question qui émerge est alors : «
pourquoi cet immobilisme ? ». La lecture du livre de Seval
apporte un élément de réponse. Notre humanité
nie l’existence de ce phénomène, contre
vents et marées et c’est normal car ce faisant
elle se défend en mettant en œuvre un mécanisme
de défense psycho-socio-immunologique contre ce qu’elle
perçoit, à juste titre, comme une terrible menace.
Pourtant ces extraterrestres qui nous visitent
n’ont nul désir, ni besoin de nous conquérir.
La menace est d’un autre ordre. Elle revêt une dimension
que je n’avais pas jusqu’ici perçue avant
de lire l’ ouvrage de Seval, comme les précédents.
Elle tient en un mot : ethnocide, mot initialement introduit
par l'ethnologue R. Jaulin, décédé. Le
génocide est l’annihilation d’une espèce,
d’une tribu. L’ethnocide est l’annihilation
d’une culture. L’auteur passe en revue des exemples
historiques et montre comment des civilisations comme celle
des Aztèques se sont effondrées en un temps relativement
court après le choc culturel qu’a constitué
pour eux l’irruption les conquistadores espagnols. J’ai
écrit jadis que toute forme de pensée était
un système organisé de croyances. Donc, si on
remet brutalement les croyances fondatrices de notre pensée
en question, celle-ci s’effondre, comme s’effondreraient
des mathématiques sans axiomes et des logiques sans prédicats.
Ce que nous pouvons conjecturer c’est
que l’écart qui nous sépare de nos visiteurs
extraterrestres pourrait dépasser notre imagination,
nos spéculations les plus folles. Nos connaissances scientifiques
du moment deviendraient dérisoires. On peut même
imaginer que lors d’un contact nous soyons confrontés
à des êtres qui puissent être aussi différents
de nous que nous pouvons l’être des singes. L’incidence
d’un choc culturel a été évoquée
par maints auteurs mais, note Seval, personne n’avait
envisagé qu’un tel contact puisse être aussi
dommageable, entraîner un ethnocide. Ainsi nous aurions
l’explication du non-contact. Il ne s’agirait pas
seulement de prévenir tout mauvais usage que nous pourrions
faire de technologies plus avancées qui démultiplieraient
nos capacités de destruction. Ce qui effondrerait notre
civilisation terrienne, c’est le doute. Inutile d’aller
très loin. En Russie c’est bye bye Lénine.
Le Marxisme a vécu. Les Russes émergent de presque
un siècle d’athéisme militant. Il n’y
a plus de buts, de grands desseins. Personne ne croit plus aux
lendemains qui chantent. L’alcool fait des ravages. L’espérance
de vie des hommes est de 58 ans. La natalité est en chute
libre. On retrouve chez un peuple qui a placé en orbite
autour de la Terre le premier être humain des symptômes
comparables à ceux qui frappent les membres de tribus
indiennes. Alors, imaginez ce qui se passerait si les terriens
étaient soudain confrontés à l’absurdité
de leur système de vie, à l’inanité
de leurs croyances, si des réponses foudroyantes leur
étaient soudain apportées, concernant la naissance,
la vie, la mort, l’évolution. Seval suggère
que notre humanité pourrait s’effondrer au point
d’être incapable de se relever, de pouvoir négocier
le monde avec de nouvelles croyances qui soient à sa
portée ou avec des fantasmes, des rituels salvateurs
lui permettant de dialoguer avec le monde.
Seule une civilisation jouissant déjà
d’un certain équilibre pourrait faire face à
un tel choc culturel. Or nous sommes loin du compte. En lisant
son livre nous découvrons combien notre société
terrestre est fragile, vulnérable, parce qu’encore
infantile. Donc le contact est simplement impossible. Notre
civilisation planétaire est comme un château de
cartes. Le simple fait de se voir présenter des preuves
définitivement irréfutables de l’existence,
de la présence d’extraterrestres suffirait à
pétrifier d’angoisse notre système social,
à provoquer en quelques mois, quelques années
un chaos, suivi d’un effondrement irrémédiable.
Pourtant nous courons à grandes enjambées
vers l’Apocalypse. Tous les signes avant-coureurs d’un
profond déséquilibre sont sous nos yeux. La foire
d’empoigne économique, la raréfaction des
ressources naturelles, les effets de la pollution, les violents
antagonismes qui se profilent nous mènent au chaos. Dans
son ouvrage précédent, Le Plan pour Sauver la
Terre, Seval expliquait que si des extraterrestres se décidaient
à intervenir cela ne pourrait être qu’au
tout dernier moment, quand nous mettrions en danger l’ensemble
de notre biosphère, quand « le processus suicidaire
aurait déjà été amorcé ».
Personne ne bougerait le petit doigt si nous nous infligions
des souffrances équivalant à dix fois les drames
de la précédente guerre mondiale, tout contact
avec une humanité immature se traduisant automatiquement
par un ethnocide. La nôtre ne pourrait qu’être
au mieux « reformatée ». On garderait le
« disque dur-support génétique » mais
on réinstallerait d’autres logiciels, c'est-à-dire
une autre logique de vie, une culture totalement différente.
Dans Contact et Impact l’auteur revient donc sur ces thèmes
en émaillant son discours d’extraits de textes
ummites. Si vous vous aventurez dans les ouvrages de Seval attendez-vous
en règle générale à être secoué.
C’est en cela qu’ils diffèrent des autres
livres publiés sur le thème ovni, essentiellement
anecdotiques. Lui, va vraiment au fond des choses, envisage
un impact dont nous n’avions pas jusqu’ici imaginé
l’ampleur.
Aucun extraterrestre ne possède la recette
magique qui puisse transformer notre société en
Eden puisque tout contact, à quelque moment que ce soit
se traduirait par un ethnocide. Le seul être qui puisse
sauver l’homme, c’est lui-même.
Jean-Pierre Petit
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